#006


The Smiths – Barbarism Begins at Home – Meat is Murder (1985)

Est-ce normal d’avoir envie de tuer un pacifiste? 
Naaan, ça s’fait trop pas me direz-vous. Eh ben c’est dingue mais c’est pourtant ce qui m’arrive à chaque fois que j’entends un type reprendre « Imagine » au piano, à la guitare, a capella, au kazoo ou à la cornemuse, c’est à dire souvent, très très très souvent. Trop souvent.

J’ai eu beau me forcer et ce, dès le plus jeune âge en usant un vieux 45t de « Help » sur ma platine de jeune foufou que j’étais (en même temps c’était « Help » ou « Tout nu et tout bronzé », y avait pas beaucoup de disques à la maison), mais Les Beatles j’y arrive toujours pas, je trouve ça niais. Enfin, niais je sais pas mais gentil, cucul, concon ça marche aussi, c’est au choix. Et John Lennon c’est presque pire, c’est un peu le chef des bisounours, genre : c’est quand même lui tout seul « Imagine ». Et je dis pas ça pour faire le malin, je risque pas de me mettre grand monde à dos sur ce blog, j’ai vraiment essayé hein mais rien à faire, « Imagine » me sort par le cul, précédé de quatre bonshommes dans le vent.

« Ah bah bien sûr, c’est pasque t’es plutôt Rolling Stones » me dira le premier agitateur de clichés venu. Eh ben non, ils ont cette étonnante capacité de parfois m’en remuer une sans que l’autre ne bronche vraiment.

Bon, je divague avant même d’avoir commencé mais ce que je voulais dire c’est qu’avec les Smiths là par contre, on est à un autre niveau. Ça c’est MA référence de pop anglaise.

Réussir à conjuguer des mélodies super avec des textes à la fois intelligents et drôles – enfin heu on n’est pas chez Bigard non plus, c’est un poil plus fin – ça c’est le boulot d’un groupe mythique. C’est pas comme de passer de la coupe au bol aux cheveux longs ou de la guitare au sitar. Sans déconner, on pourrait dire la même chose de la carrière de Johnny Halliday c’est vous dire. Donc Les Beatles, non.

Le côté ingrat dans un groupe c’est que le charisme est généralement réservé au chanteur, voire au guitariste s’il assure un minimum ou s’il a une coupe sympatoche.

Morrissey niveau charisme on est bon là. Un mec qui reste séduisant en faisant du yoddle, yen n’a pas des caisses. S’il avait porté une culotte de peau je dis pas mais là non, c’est bon.

Je vous ai fait la version jeune, pas la version gourou vegan intégriste bedonnant – désolé pour le double lapsus, les gourous finissent généralement avec un physique discutable (t’as qu’à voir la gueule de Raël) et vegan intégriste ça relève du pléonasme .

Bref, là où le chanteur et le guitariste s’en sortent pas mal niveau charisme, la section rythmique rame un peu. En l’occurence ils ont plutôt un air bovin, vaguement consanguin, un peu genre les copains des types populaires au lycée quoi. Mais bon, ils font le job. C’est d’ailleurs pour ça que j’aime ce morceau, la ligne de basse me tue, et le fait que le morceau s’étire en lui laissant de la place me comble de joie.

Ô joie.

Et du coup on a aussi un vague aperçu du talent de Momo en terme de meublage dit « à l’autrichienne », mélange de yoddle et de mec qui sort de la fête de la bière et ne se souvient plus des paroles. Mais c’est chouette. Yen à plein d’autres de chouettes d’ailleurs mais ça me donnera l’occasion de mieux réussir sa tronche une prochaine fois parce que les gens beaux c’est comme au lycée, c’est énervant et c’est plus dur à dessiner.

On va croire que j’ai été traumatisé au lycée mais figurez-vous que pas du tout, au collège c’était pareil.

Heureusement il y avait les Smiths.

Enfin, pour ceux que je n’aurais pas dégoûté et qui ont traversé ce papier, j’ai mis en place une playlist sur Spotify nommée « Inusables » sous le compte thomascrayon. Vous pourrez y trouver les titres mentionnés ici, les suivants seront rajoutés au fur et à mesure.